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Les dépôts d’avalanches de débris volcaniques (et non-volcaniques) montrent une grande variété de structures internes. La plus répandue et documentée de ces structures est sans aucun doute le “jigsaw crack”, la fracture en puzzle. Lorsqu’on se remémore la réplique de Bernard Blier (Raoul Volfoni) dans les tontons flingueurs, on peut facilement imaginer la violence nécessaire pour éparpiller façon puzzle un bloc de lave massif. Dans ce chef d’œuvre du cinéma français, Raoul suggère d’utiliser de la dynamite pour sa vengeance et, en observant un “bloc à jigsaws”, c’est aussi l’impression que donne ce réseau de fractures aléatoires (Fig. 1). Celui-ci est caractérisé par un faible déplacement des fragments (ou clastes) et une légère dilatation du volume des blocs sans désagrégation. On retrouve ces fractures dans toutes les régions du dépôt d’avalanche mais elles sont plus faciles à observer dans la zone proximal où il y a de nombreux blocs de lave. Elles sont aussi plus facilement observable dans un faciès lavique que dans un faciès pyroclastique. Entre les régions proximales et distales il n’y a pas forcément une augmentation de la densité du réseau de fractures mais plutôt un élargissement des fissures qui se remplissent d’une sorte de matrice qui provient de l’écrasement du bloc lui-même. Lorsque l’élargissement est trop important pour reconnaître le réseau de fractures, on parle alors de “jigsaw fit”. L’étude granulométrique des dépôts d’avalanches de débris ainsi que l’analyse de la taille des plus grand blocs montrent qu’il n’y a pas de fragmentation significative durant leur transport. Ces fractures sont donc produites par la décompression des matériaux de l’édifice volcanique au cours du glissement et elles sont par la suite élargies par les ondes de compression et décompression que subissent les blocs pendant le transport et la mise en place du dépôt. Leur conservation sur des distances allant jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres est une évidence supplémentaire de l’absence de fluidization ou de mélange complet du corps des avalanches de débris.

 

Ce texte est issu et modifié de ma thèse de doctorat:

 

Bernard (2008) Étude des dépôts d’avalanches de débris volcaniques: analyse sédimentologique d’exemples naturels et identification des mécanismes de mise en place. Thèse de doctorat, Université Blaise Pascal, 293 p.

Figure 1. Bloc à jigsaw cracks dans le dépôt d'avalanche de débris du Cotopaxi, Équateur

Figure 1. Bloc à jigsaw cracks dans le dépôt d'avalanche de débris du Cotopaxi, Équateur

Tag(s) : #Avalanche de debris, #Jigsaw crack, #Cotopaxi

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