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Volcan Igualata vu depuis le Huisla (25/08/2016)
Volcan Igualata vu depuis le Huisla (25/08/2016)
Volcan Igualata vu depuis le Huisla (25/08/2016)

Volcan Igualata vu depuis le Huisla (25/08/2016)

L’arc volcanique équatorien est l’un des plus denses au monde avec un espacement moyen de 35 km entre les centres volcaniques potentiellement actifs (minimum une éruption au cours des derniers 10 000 ans, 25 volcans). Cette distance diminue à environ 10 km si l’on considère tous les volcans plio-quaternaires (derniers 5,3 millions d’années, 84 volcans). On remarque qu’une large majorité (70 %) des édifices volcaniques équatoriens sont considérés comme éteints. Bien sûr on est jamais sûr et certain qu’un volcan est éteint mais pour ceux dont la dernière éruption remonte à plusieurs centaines de milliers d’années la probabilité d’une éruption à court terme est extrêmement faible. L’Igualata fait parti de ce groupe pour deux raisons principales : 1) morphologique ; 2) stratigraphique. L’Igualata est un volcan très large mais avec un relief peu prononcé. On remarque immédiatement qu’il est entaillé de profondes vallées dont la plupart montrent des évidences d’érosion glaciaire. En réalité ces vallées sont aussi le résultat d’un lent processus d’étalement gravitaire du volcan sous son propre poids. Le sommet du volcan est un autre indicateur de son âge. Il n’y a pas de cratère ou de dôme de lave au sommet mais un enchevêtrement de laves et de brèches d’origines variées. Il est aussi découpé par des failles tectoniques évidentes. L’Igualata est installé plus ou moins au centre de la dépression interandine, entre la Cordillère Real et la Cordillère Occidental. Plusieurs volcans l’entourent comme le Chimborazo et le Carihuairazo à l’Ouest, le Tungurahua et le Huisla à l’Est. On peut savoir que ces volcans sont plus jeunes car les produits de leurs éruptions se retrouvent systématiquement au dessus de ceux de l’Igualata. Le principe de superposition indique que dans une série sédimentaire non déformée, les couches plus superficielles sont les plus jeunes et les couches plus profondes sont les plus anciennes. Ce principe, d’une logique irréfutable, permet de dater relativement l’Igualata par rapport à son environnement. Pour ces raisons Kilian et al. (1995) date l’Igualata entre 4,8 et 2,7 millions d’années. Est-ce que l’Igualata entrera en éruption dans un futur proche ? C’est possible mais je n’y mettrais pas ma main à couper.

 

 

Kilian R, Hegner E, Fortier S, Satir M (1995) Magma evolution within the accretionary mafic basement of Quaternary Chimborazo and associated volcanoes (Western Ecuador). Rev Geol Chile 22:203–218.

Tag(s) : #Igualata, #Volcan, #Équateur

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