Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

J'ai remarqué, depuis les séismes dévastateurs d'Haïti et du Chili, que le moindre mouvement tellurique est maintenant immédiatement reporté dans les journaux ou sur internet avec généralement peu de recul autant dans les articles que dans les commentaires. L'erreur la plus fréquente est la confusion entre la magnitude et l'intensité d'un séisme et pourtant la différence entre les deux est fondamentale.

 

La magnitude d'un séisme correspond à l'énergie libérée par la rupture d'une portion plus ou moins grande d'une faille tectonique. Il s'agit donc d'une valeur unique même si il existe différentes manières de la calculer grâce à la trace sismique enregistrée par plusieurs sismomètres. Actuellement, les sismologues préfèrent utiliser la magnitude de moment (Mw) qui prend en compte à la fois la localisation, le mécanisme au foyer (mouvement de la faille) et le moment sismique. Le calcul de Mw est quasiment immédiat même s'il est souvent affiné quelques heures après l'évènement. L'échelle de magnitude de moment (MMS) est construite sur une base logarithmique 10^1,5 et est similaire à l'échelle de Richter (plus ancienne et obsolète). En conséquence un séisme de Mw 7 a libéré environ 32 fois plus d'énergie qu'un séisme de Mw 6 et 1000 fois plus d'énergie qu'un séisme de Mw 5.

 

L'intensité d'un séisme est l'effet du passage des ondes sismiques à la surface terrestre. Bien sûr cet effet sera généralement plus important plus la magnitude du séisme est grande mais il dépend aussi de paramètres indépendants comme la localisation de l'hypocentre (ou foyer sismique) le comportement de la croûte terrestre ou la qualité des constructions. L'intensité sismique n'est donc pas une valeur unique mais une estimation locale qui tendra à décroitre en fonction de l'éloignement à l'épicentre (point de la surface terrestre à l'aplomb de l'hypocentre). L'estimation de l'intensité d'un séisme ne pourra avoir lieu qu'après une enquête sur le terrain. Il existe de nombreuses échelles d'intensité sismique dont les plus connues sont Mercalli, MSK (pour Medvedev, Sponheuer et Karnik) ou plus récemment EMS 98 (European Macroseismic Scale 1998). Ces échelles sont basées sur le ressenti du tremblement de terre et les effets occasionnés sur les constructions en fonction de leur nature. Sur l'échelle de Mercalli, une intensité de I se rapporte à une secousse très faible sans dommage occasionné alors qu'une intensité de XII correspond à la destruction quasi totale de toute les constructions dans une zone donnée.

 

Pour illustrer la différence entre la magnitude et l'intensité sismique il suffit de prendre deux exemples récents : le séisme du 12 août en Équateur (Mw = 7,1) et celui du 4 septembre en Nouvelle Zélande (Mw = 7,0). Alors que le premier n'a engendré presque aucun dégât car très profond (211 km), la facture pour le second (5 km de profondeur) se monte déjà à plus de 2 milliards de dollars NZ et ce malgré des infrastructures de bien meilleur qualité qu'en Équateur.

 

Pour être informé presque en temps réel de la magnitude des séismes je vous invite à visiter le site de l'USGS : http://earthquake.usgs.gov/

Tag(s) : #Un Peu de Science au Quotidien

Partager cet article

Repost 0