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Si depuis quelques décennies le fonctionnement fondamental d'un volcan est bien compris par la communauté scientifique, il n'est pas toujours facile de l'expliquer de manière simple et efficace. Aujourd'hui je tente le coups de l'analogie scabreuse. Tout le monde connaît le fonctionnement du système digestif humain et avec un peu d'imagination la ressemblance avec le magmatisme devient évidente.


Partons du début et donc de l'alimentation. Pour l'Homme, la base de l'alimentation est diverse en forme (légumes, viandes, fruits, céréales, eau, vin pour certains...) mais pas tant que cela dans le fond (lipides, glucides, protéines et eau). Dans le magmatisme c'est un peu la même chose car si l'alimentation magmatique présente de nombreuses sources (péridotites ou amphibolites du manteau, basaltes sous-plaqués, voir la croûte terrestre elle-même avec ses formations géologiques si variées) les éléments qui la constituent, et surtout les majeurs, présentent une certaine monotonie (O, Si, Mg, Fe, Al, Ca...).


Pour l'Homme, le lieu de l'alimentation c'est la salle à manger ou le restaurant (les randonneurs préfèreront un confortable rocher). Ce qui n'est pas comestible est laissé dans l'assiette, c'est le résidu. Au niveau de notre bouche l'aliment est transformé, grâce à l'action de la salive et à la mastication, en une sorte de bouillie pour pouvoir passer dans œsophage jusqu'à atteindre l'estomac. Dans le magmatisme, le lieu de l'alimentation diffère en fonction du contexte géodynamique qui doit permettre la fusion du matériel. La température, la pression et la nature de la source (notamment son contenu en eau) sont les paramètres clefs de la fusion. Ainsi la fusion peut avoir lieu dans le manteau, à la base de la croûte voir même à l'intérieur de celle-ci. Ce qui ne peut pas être fondu reste dans le réservoir, c'est le résidu. Comme la source n'est jamais fondu en totalité, on parle de fusion partielle. Le magma doit alors avoir un comportement fluide pour être extrait de sa roche mère et transporté (surtout par différence de densité) dans des fractures jusqu'au réservoir magmatique.


Pour l'Homme autant que dans le magmatisme, l'étape de transfert entre l'alimentation et l'évacuation est la plus compliquée. L'aliment circule par des conduits plus ou moins étroits et subit des échanges chimiques avec son environnement. Pour l'homme, il s'agit d'assimiler les nutriments et de rejeter les toxines par exemple. Le magma va évoluer par cristallisation fractionnée et assimilation de l'encaissant. Une partie plus ou moins importante est stockée en profondeur et participe à la croissance de l'individu (c'est l'embonpoint dans certains cas) et de la croûte terrestre (c'est le plutonisme).


La partie qui me semble la plus similaire entre le système magmatique et le système digestif est sûrement l'évacuation. Dans les deux cas l'évacuation peut être déclenchée soit par une ré-alimentation, soit par un contenu en gaz trop important. De même que le rectum est l'analogue de la cheminée volcanique, l'excrétion est l'équivalent de l'extrusion ou éruption volcanique. Bien évidemment le dynamisme de l'évacuation est gouverné par la consistance (pour le volcanisme on parlera de viscosité) et le volume à évacuer. Ainsi les produits volcaniques ont une gamme très étendue de viscosité allant de la carbonatite de l'Ol Donyo Lengaï (Éthiopie), dont la viscosité est proche de l'huile, à l'andésite de la montagne pelée et son piston verticale de magma solide qui atteignit 350 mètres de hauteur en 1902. Il faut noter que dans les deux systèmes les gaz, qui montrent une similitude olfactive choquante, sont une composante importante qui influencera le comportement de l'évacuation. L'accumulation des gaz sous un bouchon rigide et imperméable donnera lieu à une éruption plus explosive pour le volcanisme. Je n'entrerai pas dans les détails pour l'évacuation humaine mais si vous vous demandez pourquoi certaines de vos selles flottent, c'est la même explication que pour les ponces. Finalement, même si l'évacuation cause trop de victimes, dans les deux cas elle est essentielle pour faire fleurir la vie.

Tag(s) : #Un Peu de Science au Quotidien

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