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Profitant de la présence en Équateur de mon cousin Charles et de sa petite amie Sandie, nous avons fait une petite ballade sur l'un des plus beaux volcans du pays : le Cotopaxi. En ce mois de mai le climat n'est pas très favorable à une ascension mais cela ne nous décourage pas. Nous partons de Quito avec deux guides aux prénoms identiques mais aux physiques différents. Cristian « El Chiquito » mesure dans les 1,60-1,65 m et pèse à tout casser 50 kg. Cristian « El Otro » possède lui une carrure plus imposante, 1,80 m pour ~75 kg. Nous nous arrêtons manger à Machachi une pièce de bœuf qui ne restera pas dans les annales. Nous entrons ensuite dans le parc du Cotopaxi sous une pluie fine qui ne présage rien de bon. A cinq dans la voiture, plus les équipements, je suis toujours étonné que notre voiture monte si bien jusqu'au parking à 4650 m d'altitude, elle qui a si peu de pêche sur une route normale. Arrivés au parking nous préparons les sacs, les remplissant de vivres et de matériel technique.

 

Cotopaxi 2011-05-24 14:24 Cotopaxi 2011-05-24 14:43

L'équipe rouge est prête pour l'ascension, Charles est content !!!

 

Charles et Sandie sont particulièrement à l'aise dans la petite grimpette jusqu'au refuge et je profite de quelques instants de « beau » temps pour documenter leur ascension. Nous arrivons au refuge en moins de trois quarts d'heure juste au moment ou le temps se gâte un peu. Après avoir installé nos affaires et nous être changés, nous partons avec Cristian « El Otro » faire un petit entrainement sur le glacier alors qu'El Chiquito prépare le « locro de papas » (soupe épaisse de pommes de terre). Il fait bon et la neige commence à se transformer ce qui rend le choix de ne pas prendre les guêtres un peu stupide, mais bon on ne va pas faire demi tour pour ça. Charles et Sandie apprennent les différentes techniques pour marcher avec des crampons et je m'amuse à les filmer alors qu'ils se jettent dans la pente pour tester leur piolet. Nous rentrons au refuge un peu mouillés alors que le sommet du Cotopaxi se découvre. Nous profitons des derniers rayons de soleil pour admirer le paysage en espérant que le climat se maintiendra jusqu'à demain. De retour au chaud El Chiquito nous sert un bon locro avec un avocat mûr à point. Les pâtes sauce tomate et thon sont décevantes et froides. Il est bientôt 19h, l'heure d'aller se reposer avant l'ascension.

 

Cotopaxi 2011-05-24 14:50Cotopaxi 2011-05-24 15:20

Petite grimpette et arrivée au sommet du Mont Blanc... non juste le refuge du Cotopaxi (mais plus haut que le MB!)

 

Cotopaxi 2011-05-24 16:54 Cotopaxi 2011-05-24 17:56

Practica sur la neige. Sandie attend avec impatience le "locro de papas"


Cotopaxi 2011-05-24 17:38Le sommet du Cotopaxi, un bref instant dégagé avant la tombée de la nuit

 

Pour moi, bien dormir en montagne est une notion assez relative. En comparaison de mes précédentes expériences à la montagne, c'est peut-être la première fois que j'arrive réellement à dormir pendant au moins deux heures et cela sans problème majeur d'estomac. Je dois peut-être cela à la grande quantité de liquide que j'ai ingurgité avant et pendant la nuit. Vers minuit, El Chiquito vient cogner à notre porte pour le petit déjeuner. Nous n'avons pas très faim mais nous nous forçons tout de même à manger pain, banane et yahourt car pendant l'ascension il est difficile de s'alimenter correctement. Tout arnachés, nous sortons avec enthousiasme vers 1h15 du matin. Le ciel est dégagé et nous pouvons voir les étoiles. Mes deux compadres sont en pleine forme ce qui témoigne de leur bonne acclimatation. Un frisson d’excitation parcourt mon épine dorsale, je suis sûr maintenant que nous allons tenter l'ascension. Après une demi-heure de marche nous arrivons sur la neige et chaussons les crampons. Charles, un peu jaloux qu'El Otro soit dans ma cordée, en profite pour lui ouvrir le pouce d'un bon coup de crampon. Le ciel se couvre et le vent se fait persistant. De temps en temps, un peu de neige accompagne le vent et nous oblige à nous couvrir le visage. Nous marchons encore près d'une heure et demie sur la neige gelée avant d'arriver au site d'encordement. La présence de crevasses dans le glacier du Cotopaxi à partir de ce point en fait un endroit stratégique pour s'encorder et reprendre quelques forces. Le souffle est bon mais le climat se dégrade de plus en plus. Jusque là cela n'entache pas notre enthousiasme, nous sommes bien décidés à continuer. La cordée de Charles, Sandie et El chiquito est en tête. Nous les suivons de près. Le rythme est assez tranquille mais l'allure est constante ce qui rend notre progression globalement rapide. Par endroits les crevasses nous forcent à prêter un peu plus attention, mais nos deux guides maîtrisent parfaitement l'itinéraire. La neige et le brouillard rendent le paysage fantomatique. Alors que nous passons près de certains séracs, je peux distinguer les couches de cendre volcanique au milieu de la glace bleue, témoignages des éruptions passées du Cotopaxi. Le mauvais temps s'est maintenant transformé en tempête de neige. Le vent doit atteindre près de 50 km/h et il est chargé de neige qui agresse le moindre bout de visage encore exposé aux intempéries. Nous faisons une deuxième pause à près de 5450 m d'altitude. Tout le monde est en forme mais le climat ne s'améliore pas. Nous passons alors un premier passage un peu difficile où il nous faut nous aider du piolet. Nous passons sur d'étroits ponts de neige et la vue des crevasses peut donner le vertige. Il est maintenant presque 5 heures du matin et nous arrivons au deuxième passage difficile. L'accumulation de neige rend la pente plus dure à franchir et les cordées nous précédant font un mini embouteillage. Sans activité notre corps se refroidit rapidement.

 

Cotopaxi 2011-05-25 01:51

Sandie se gèle un peu le temps que Charles enfile ses crampons (une seconde avant le drame)

 

Cotopaxi 2011-05-25 05:00 Cotopaxi 2011-05-25 05:00

Charles, coupable, et Cristian, courageux malgré la douleur...

 

Finalement nous passons ce passage après une demi-heure pour nous rendre compte que la tempête ne va pas se calmer et qu'il faut maintenant redescendre. Il est 5h45 et nous sommes à 5570 m d'altitude. C'est vraiment dommage que le temps soit si mauvais car, en conservant notre bon rythme, nous aurions atteint le sommet sans problème en seulement deux heures. Comme toujours la montagne à raison et le choix le plus judicieux est celui de revenir sur nos pas qui s'effacent rapidement. Je n'aime pas la descente dans ces conditions car, alors que le jour se lève, il est difficile de voir quelque chose avec ou sans lunettes de ski. La neige et la buée sont les ennemis de l'andiniste. A chaque passage un peu technique nous retrouvons les premières cordées. Avec la levée du jour je peux aussi faire quelques vidéos de notre descente. En un peu plus d'une heure et demie nous sommes au refuge, sains et saufs alors que la tempête se calme. Nous pouvons constater alors que la partie basse du cône volcanique n'a pas été épargnée par la tempête, la neige arrivant bien plus bas que le parking. Chacun range ses affaires, nous sommes légèrement déçus mais aussi très heureux d'avoir partagé cette aventure particulière ensemble. Bien sûr il faudra la retenter...

 

Cotopaxi 2011-05-25 07:08Retour par beau temps

 

Cotopaxi 2011-05-25 07:33 Cotopaxi 2011-05-25 07:34

Arrivés sains et saufs, merci à nos guides (regardez attentivement le pousse de Cristian "El Otro", shame on you Charles...)

Tag(s) : #Ascensions et ballades

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